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PSG–Arsenal : La confirmation d’un statut européen

PSG–ARSENAL : LA CONFIRMATION D’UN STATUT EUROPEEN

Nous y sommes. Encore.

Pour la deuxième année consécutive, le Paris Saint-Germain disputera la finale de la Ligue des Champions. Tenant du titre, les Rouge et Bleu retrouvent le sommet de l’Europe après une saison qui, il y a encore quelques mois, semblait bien loin de promettre un tel printemps.

Enfin… sauf pour un homme.

Même dans les moments de doute, Luis Enrique n’a jamais cessé d’y croire. Déjà la saison dernière, après une défaite logique sur la pelouse de l’Emirates Stadium face à Arsenal F.C. (0-2), l’entraîneur espagnol avait donné rendez-vous aux supporters parisiens… en finale.

L’an dernier, le PSG est devenu le premier club français à posséder deux trophées européens majeurs dans sa grande armoire, en remportant enfin la Ligue des Champions : le rêve absolu des supporters parisiens, mais aussi l’objectif affiché des propriétaires qataris depuis leur arrivée à la tête du club en 2011.

Tenant du titre, Paris abordera cette finale avec un nouveau statut. Favori, peut-être. Intouchable, certainement pas.

Car en face se présente un Arsenal revenu au premier plan après plusieurs années de frustration. Vice-champion de Premier League en 2023, 2024 et 2025, battu en finale de la Carabao Cup par Manchester City au mois de mars (0-2), le club londonien restait sur six saisons sans titre majeur – trois si l’on considère le Community Shield comme tel – et surtout vingt-deux ans sans sacre en championnat.

Si Arsenal demeure l’un des clubs les plus prestigieux du football anglais, son histoire européenne reste étonnamment modeste. Son seul trophée continental majeur demeure la Coupe des Coupes remportée en 1994… après avoir éliminé le PSG en demi-finale. Les Gunners n’ont disputé qu’une seule finale de Ligue des champions, en 2006, conclue par une défaite 2-1 face au FC Barcelone malgré l’ouverture du score de Sol Campbell.

Quoi qu’il arrive à Budapest, cette finale entrera dans l’histoire.

Arsenal peut devenir le septième club anglais sacré champion d’Europe après Manchester United, Liverpool, Nottingham Forest, Aston Villa, Chelsea et Manchester City.

De son côté, le PSG peut entrer dans un cercle encore plus fermé : celui des clubs ayant conservé leur couronne européenne, aux côtés du Real Madrid, de Benfica, de l’Inter Milan, de l’Ajax Amsterdam, du Bayern Munich, de Liverpool, de Nottingham Forest et de l’AC Milan.

LE PSG EN FINALE : UNE HABITUDE DEVENUE REALITE

8 mai 1996, Bruxelles, stade du Roi Baudouin.
Le Paris Saint-Germain a rendez-vous avec son histoire. Le club dispute sa première finale européenne face au Rapid Vienne.

Après trois échecs consécutifs en demi-finale (contre la Juventus en 1993, Arsenal en 1994 et l’AC Milan en 1995), le PSG finit par franchir le dernier palier. Les Parisiens s’offrent une place en finale après avoir éliminé le Deportivo La Corogne (1-0, 1-0).

Ce soir-là, c’est un coup franc lointain signé Bruno N’Gotty qui offre la Coupe des Coupes au peuple Rouge et Bleu. La fête à Paris sera à la hauteur de l’événement.

Bruno Ngotty les bras en l’air : l’image de la finale

 

 

En 1997, le Paris Saint-Germain retrouve la finale de la Coupe des Coupes, un an seulement après son premier sacre européen. Mais cette fois, l’histoire prend une autre tournure.

Face à un adversaire d’un tout autre standing, le FC Barcelone, les Rouge et Bleu s’inclinent sur la plus petite des marges (1-0), à la suite d’un but de Ronaldo sur penalty, consécutif à une faute de Bruno N’Gotty, héros de la finale victorieuse de 1996.

Une désillusion brutale, qui marque un contraste saisissant avec l’euphorie bruxelloise de l’année précédente. Et sans le savoir encore, le club parisien entre dans une longue période loin des sommets européens, avant de retrouver une finale de Ligue des champions en 2020.

Bernard Lama est pris à contre-pied par Ronaldo

 

 

 

Août 2020. Le monde du football évolue en plein contexte de pandémie de Covid-19, qui bouleverse l’ensemble des compétitions européennes.

Cette édition de la Ligue des Champions se joue dans des conditions inédites : à partir des quarts de finale, toutes les rencontres sont disputées sur terrain neutre, dans la région de Lisbonne, à huis clos.

Après une qualification arrachée dans les dernières minutes face à l’Atalanta Bergame (2-1), grâce à des buts de Marquinhos et Eric Maxim Choupo-Moting, puis une demi-finale parfaitement maîtrisée face au RB Leipzig (3-0), le club parisien entra dans une nouvelle dimension en atteignant pour la première fois de son histoire la finale de la Ligue des Champions.

Mais au bout du chemin, le rêve s’arrête. Le Paris Saint-Germain s’incline 1-0 face au Bayern Munich, sur un but d’un titi parisien : Kingsley Coman. Neymar est en larmes, tout comme un groupe parisien conscient d’être passé tout près de l’histoire.

Mais malgré la douleur, une certitude demeure chez les dirigeants et supporters parisiens : ce trophée finira par revenir à Paris, tôt ou tard.

31 mai 2025, Munich. Le jour de gloire est arrivé. Après tant d’années et de combats, le Paris Saint-Germain est un vainqueur éclatant de la Ligue des Champions 5-0 face à l’Inter Milan grâce à des buts d’Hakimi, un doublé de Désiré Doué ainsi que des réalisations de Khvicha Kvaratskhelia et Senny Mayulu. Ce soir-là, il ne s’agit pas seulement d’une victoire, mais d’une démonstration. C’est un sacre net, construit et mérité, récompensant le travail d’un club, d’un staff et d’un groupe. Le début d’une ère triomphante.

UNE SAISON POUR DEFENDRE LE TRÔNE

La saison européenne débute sur les chapeaux de roue, avec trois succès convaincants face à l’Atalanta Bergame (4-0), au FC Barcelone (2-1) et au Bayer Leverkusen (7-2). À ce moment-là, le Paris Saint-Germain semble lancé vers une phase régulière parfaitement maîtrisée, avec une qualification dans le top 8 qui paraît acquise sans difficulté.

Mais la dynamique se brise brutalement lors de la défaite face à un Bayern Munich impressionnant en première période (2-1), rencontre marquée par la grave blessure d’Achraf Hakimi. Cet épisode fait naître les premiers doutes dans le camp parisien.

La victoire suivante face à Tottenham (5-3), portée par un triplé de Vitinha, ne suffit pas à relancer pleinement la machine. À partir de là, le PSG ne remporte plus la moindre victoire dans cette phase régulière.

En effet, le club enchaîne alors les contre-performances : match nul à Bilbao (0-0), défaite face au Sporting CP (1-2), puis nouveau partage des points au Parc des Princes contre Newcastle (1-1), avec notamment un penalty manqué par Ousmane Dembélé en début de rencontre.

Le Paris Saint-Germain termine finalement à la 11e place et doit, comme la saison précédente, passer par les barrages. Et comme un écho de l’an passé, c’est face à un club français que tout se joue. Cette fois, l’adversaire est l’AS Monaco.

Le barrage aller, disputé sur le Rocher, tourne mal pour les Parisiens, rapidement menés 2-0 et privés de Dembélé, sorti sur blessure. Mais le PSG trouve les ressources pour revenir dans la partie grâce à un sursaut incarné par Désiré Doué, auteur d’un doublé permettant aux Rouge et Bleu de s’imposer 3-2.

Au Parc des Princes, le scénario reste tendu : Monaco ouvre le score et se rapproche d’une qualification. Mais Paris parvient à inverser la tendance avant de se faire une dernière frayeur en fin de match avec un but de Teze.

L’égalisation de Marquinhos. (Photo by Anthony Bibard/FEP/Icon Sport via Getty Images)

 

 

Face à Chelsea, les Parisiens étaient annoncés outsiders par les bookmakers. Mais c’était mal connaître les ressources du PSG à l’approche du printemps, et son appétit grandissant pour les grandes soirées européennes face aux clubs anglais. Face à une équipe joueuse, mais bien naïve de Chelsea, Paris s’impose 5 buts à 2 notamment grâce à un doublé de l’international géorgien Khvicha Kvaratskhelia, qui s’imposera comme le joueur le plus important de la phase éliminatoire de cette saison.

Au retour à Stamford Bridge, Paris tue tout suspense rapidement. En effet, au bout de 14 minutes, Paris mène 2-0 grâce à Kvaratskhelia et Barcola. En seconde période, Senny Mayulu vient sceller la victoire parisienne, confirmant la maîtrise totale des Rouge et Bleu sur l’ensemble des deux rencontres. Paris s’impose avec autorité face aux Blues et poursuit sa route européenne.

 

 

La joie du buteur. (GettyImages/PSG – A.Meunier/PSG)

 

 

Si la double victoire face à Chelsea a été sans appel, grâce à une attaque efficace, la double confrontation face à Liverpool se distingue par son incroyable maîtrise. Au match aller, Paris s’impose 2-0 grâce à des buts de Doué et Kvaratskhelia, et le score aurait dû être bien plus sévère.

Au retour, à Anfield, beaucoup d’observateurs s’attendaient à une vague offensive des Reds en début de match, il n’en fut rien, si ce n’est un incroyable sauvetage de Marquinhos devant sa ligne de but. En seconde période, Liverpool accentue la pression, mais Paris affiche une sérénité et une solidité défensive rarement observées jusque là, étant donné que Paris laisse rarement le ballon à son adversaire. Ousmane Dembélé sanctionne par deux fois le Liverpool FC et Paris se qualifie dans le dernier carré, une qualification qui ne souffre d’aucune contestation possible.

 

 

La célébration de Dembouz.

 

 

Dernière étape avant la finale : le Bayern Munich, probablement la meilleure équipe d’Europe avec le Paris Saint-Germain, l’équipe la plus prolifique d’Europe, une mentalité de compétiteur hors norme, un club qui ne lâchera jamais rien.

Tous les observateurs s’accordaient à dire que c’était la finale avant l’heure. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne se sont pas trompés. Au Parc des Princes, on a probablement assisté au match du siècle entre les deux équipes, score final : 5-4 pour le PSG. Un léger regret subsiste pourtant côté parisien : les Rouge et Bleu menaient 5-2 avant le retour bavarois en fin de rencontre. Mais au regard de l’adversité et du nombre de situations créées par le Bayern Munich, cette victoire reste une immense performance avant le déplacement à Munich.

 

La joie de Dembouz. (Photo by Jean Catuffe/Getty Images)

 

 

Munich, que de bons souvenirs pour les supporters parisiens. Quasiment un an auparavant, le PSG y remportait sa première Ligue des Champions. Et cette année encore, Munich restera un bon souvenir, les Rouge et Bleu ouvrant rapidement le score grâce à Ousmane Dembélé (3ème minute). Par la suite, Paris contrôle la rencontre, tout en laissant le ballon aux Munichois, mais en concédant très peu d’occasions. Harry Kane égalise à une minute de la fin. Mais il est déjà trop tard, le PSG a rendez-vous avec son histoire : conserver la Ligue des Champions.

 

 

LE PSG A L’ASSAUT DE L’ANGLETERRE

 

 

Le bilan global face aux clubs anglais

 

Pendant très longtemps, les clubs anglais furent un mauvais souvenir, on peut notamment rappeler l’élimination face à…Arsenal en 1994 en demi de Coupe des Coupes, ou encore les éliminations sous l’ère Laurent Blanc à chaque fois en quart de finale face à Chelsea (2014) et Manchester City (2016). Les deux dernières années saisons  ont marqué une nette domination du Paris Saint-Germain face aux clubs anglais (10 victoires sur 16 matchs disputés sous l’ère Luis Enrique).

Paris possède désormais une légère avance face aux clubs anglais toutes compétitions confondues : 18 victoires contre 16 en 45 confrontations; pour 69 buts inscrits contre 63 encaissés.

En Ligue des Champions, Paris mène par 17 victoires contre 13, et a marqué 62 buts et en a encaissé 54.

 

Les adversaires les plus affrontés en Coupe d’Europe

 

La joie du buteur. (GettyImages/PSG – A.Meunier/PSG)

 

 

Chelsea est le club anglais que le PSG a le plus affronté en Coupe d’Europe : 10 confrontations dont 2 cette saison, pour un bilan à l’avantage des Rouge et Bleu avec 5 victoires contre 2 pour les Blues.

Derrière, on retrouve Liverpool et Manchester City avec 8 confrontations chacun. Le bilan face aux Reds est légèrement à l’avantage du PSG avec 5 victoires pour 3 défaites. Concernant les Citizens, c’est en défaveur des Parisiens : 2 victoires contre 4 pour Manchester City.

Et enfin, Arsenal a croisé la route du PSG à 7 reprises en compétitions européennes pour un bilan parfaitement équilibré : 2 victoires, 3 nuls, 2 défaites, Les deux équipes présentent également une quasi-égalité sur le plan offensif, avec 7 buts inscrits pour le PSG contre 8 encaissés. La huitième confrontation se profile, avantage pour Paris ?

 

Les grandes désillusions face aux clubs anglais

 

Crédits : François Denat / CulturePSG

 

Chelsea a été le premier traumatisme sous l’ère QSI, éliminé cruellement sur un but de Demba Ba à la 87ème minute à Stamford Bridge…

Face à Manchester City en 2016, Paris partait avec des ambitions légitimes, porté par sa domination sur la scène nationale et son parcours en Ligue des Champions avec une qualification sans trembler face à Chelsea. Mais l’équipe se montre incapable d’être à la hauteur au Parc des Princes. Lors du match retour, l’entraîneur Laurent Blanc choisit de mettre en place un système en 3-5-2 jamais utilisé en match, ni même travaillé à l’entraînement en conditions réelles, l’option s’avère perdante. Il sera démis de ses fonctions à la suite de cette élimination, alors qu’il avait prolongé quelques semaines auparavant, symbole d’une instabilité structuelle.

En 2021, l’élimination ne souffre d’aucune contestation majeure. Les seuls regrets se situent surtout au match aller car le PSG menait au score grâce à Marquinhos avant de concéder deux buts évitables en seconde période…

Le dernier grand traumatisme face à un club anglais remonte en 2019 face à Manchester United. Après une victoire 2-0 à Old Trafford, Paris semblait en position idéale pour se qualifier. Mais au Parc des Princes, Paris se montre encore une fois fébrile et commet de grosses erreurs décisives. L’introduction récente de la VAR joue un rôle déterminant dans l’issue de la rencontre : un penalty est sifflé aux Red Devils sur une main de Presnel Kimpembe. Marcus Rashford le transforme.

Mais ces épisodes appartiennent désormais au passé. Ils révèlent d’une époque révolue, celle d’un PSG encore en construction. Une page que le club a progressivement refermée, car un homme a tout changé, il s’appelle Luis Enrique.

 

Le changement sous Luis Enrique

 

 

Avec Luis Enrique, le PSG est entré dans une nouvelle ère. Les désillusions européennes ne sont qu’un lointain souvenir, appartenant désormais au passé. Le club de la capitale n’est plus moqué dans l’Europe entière, il est un club craint, respecté, et une référence mondiale pour les entraîneurs adverses.

Le premier changement observé sous Luis Enrique est l’aspect mental. Cette équipe peut subir parfois, peut concéder l’ouverture du score, mais jamais elle ne renonce, jamais elle ne cède. Mieux encore, cette équipe est capable d’inverser des scénarios qui, par le passé, lui échappaient. Le club montre sa capacité nouvelle à gérer la pression, notamment face aux clubs anglais (10 victoires en 16 confrontations), longtemps symboles de ses limites.

Le second changement est d’ordre tactique. L’équipe est bien plus équilibrée, collective. Le PSG ne dépend plus des individualités, mais maintenant d’un collectif avec de fortes individualités comme le Ballon d’Or Ousmane Dembélé. Tout le monde est partie prenante dans cet effectif, qu’il s’agisse d’un jeune joueur formé au club comme Ibrahim Mbaye, jusqu’au légendaire capitaine Marquinhos.

C’est dans les confrontations majeures que cette transformation devient le plus visible. Chelsea, Liverpool, Manchester City ou encore le Bayern Munich ne représentent plus des obstacles systématiques, mais des adversaires de haut niveau, respectés mais qui ne doivent plus être craints. Le PSG est désormais capable de répondre présent lors des matchs à enjeu.

Cette évolution ne se résume pas à des résultats isolés, mais dans une organisation sportive plus stable : Nasser Al-Khalaïfi à la présidence, Luis Campos à la direction sportive et au recrutement, et Luis Enrique dans le management de l’équipe, Un fonctionnement dans lequel l’entraîneur dispose d’une réelle influence sur les choix sportifs, notamment en matière de recrutement.

Le PSG n’est plus dans la construction de son statut, mais dans la consolidation de celui-ci : celui d’un grand club européen. Et c’est dans ce contexte que s’inscrit naturellement la finale face à Arsenal. Une confrontation qui ne représente plus une tentative d’exister, mais la confirmation d’un statut : celui d’un club désormais installé parmi les références du football européen.

Grichka
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