Laurent Leroy ou l’art de se battre pour le blason

Laurent Leroy, l’ancien attaquant n’est surement pas l’un des noms les plus bling bling de l’histoire du Paris Saint Germain. Mais à défaut d’être ronflant, il est à coups sûr l’un des plus apprécié par les amateurs du club parisien. Histoire du PSG a décidé de brosser le portrait d’un des chouchous du Parc des Princes.

 

De ses débuts au surnom de « Leroy de la bicyclette »

Né le 16 avril 1976 à Saint Saulve dans le Nord, Laurent Leroy se forme et commence sa carrière à l’US Valenciennes-Anzin. Avec Valenciennes il découvre d’abord la Division 2 puis le National, mais ne prolonge pas son aventure au-delà de la saison 95-96. En effet, à la suite du dépôt de bilan du club, la relégation en CFA et donc la perte du statut de professionnel, L’USV libère beaucoup de ses joueurs. Ainsi, comme beaucoup de jeunes issus du centre de formation, il quitte le club.
C’est donc à l’AS Cannes que Leroy, alors âgé de 20 ans, rebondit. Il restera deux saisons chez les Rouges & Blancs, marquant notamment deux bicyclettes contre Montpellier et Caen. C’est à ce moment-là qu’il acquiert son surnom de « Leroy de la bicyclette ». En effet, deux buts par bicyclettes en l’espace de trois matches, ce n’est pas courant. Ce geste technique, rappelant l’illustre Amara Simba, est peut-être l’une des raisons ayant poussé le PSG à le recruter.

Arrivée, départ et retour au PSG

Charles Biétry recrute donc l’attaquant à l’été 1998, Leroy est âgé de 22 ans et tout ne se passe comme prévu. Tout d’abord, l’attaquant ne rentre pas les plans d’Alain Giresse, le nouvel entraineur de l’équipe première. Ce qui engendre un faible temps de jeu, seulement une minute contre Bastia en Septembre. Ensuite, la venue d’Arthur Jorge au mois d’octobre, en remplacement de Giresse, ne change que très peu la donne. Leroy doit se contenter de 3 entrées en jeu lors des quinze derniers jours du mois de Novembre. Ainsi et malgré une titularisation contre Strasbourg fin Janvier, le numéro 12 demande à son coach de le prêter.

C’est comme cela que Laurent se retrouve prêté six mois au Servette de Genève, expérience qui n’augmentera pas son temps de jeu. Il ne jouera que 53 minutes, ne rentrant que deux fois en cours de match. Il faut dire qu’il se blesse au genou très vite et rentre à Paris dans la foulée.  Mais malgré un faible temps de jeu en Suisse, Leroy revient quand même dans la capitale en tant que Champion de Suisse.
De retour à Paris à la fin de la saison, Leroy connait son troisième coach parisien en un an. En effet, Jorge n’ayant pu redresser la barre, il fut remplacé par Bergeroo au mois de mars 1999. De plus, Laurent Perpère a remplacé Biétry en décembre 1998, Leroy connait ainsi son deuxième président.

De joker de luxe à titulaire.

La saison 99-00, c’est en tant que remplaçant qu’il la commence. Lors des seize premières journées, Leroy qui porte désormais le numéro 19, est titulaire deux fois et rentre en jeu une dizaine de fois. L’attaquant marquera 4 buts en 342 minutes sur le pré, soit un but toutes les 85 minutes.
Ne faisant pas de vague et continuant à faire le boulot de joker, l’attaquant attend son heure. Cette heure arrivera avec la blessure de Mickaël Madar. Ce dernier se blesse à la fin du mois de novembre et Laurent ne rate pas le coche. Il rentre dans le onze de départ et ne le quittera plus. En effet sur les dix-sept derniers matches de la saison, il sera titularisé quatorze fois.
Lors de ses titularisations de la deuxième partie de saison, Le numéro 19 inscrira 4 buts. Le premier pour donner la victoire au PSG au Parc contre le Havre. Les trois autres, lors de son triplé contre Lens au Parc des Princes.
Si Leroy marque moins, il compense cela avec une hargne très remarquable et une belle entente avec Christian. Il se bat sur tous les ballons et ne courbe pas l’échine comme en témoigne ce match au Vélodrome. On joue la 18ème minute, Laurent Leroy a le ballon sur le côté gauche, juste devant le banc phocéen. C’est à ce moment la que, son homonyme, Jérôme décide de le tacler. Laurent n’apprécie guère et réplique en lui tapant la jambe. S’en suit une bagarre générale durant laquelle l’attaquant verra le banc marseillais, Perez et Abardonado lui sauter dessus. Les deux Leroy seront exclus et le PSG s’inclinera.
Finalement, la saison se conclut avec une deuxième place et une qualification pour C1. Mais le plus difficile pour lui restera la finale de la Coupe de le Ligue perdu contre Gueugnon.

Laurent Leroy porté par son compère d’attaque Christian (C.Gavelle PSG.fr)

Bis repetita : De joker de luxe à titulaire

Le PSG est de retour en Europe et veux bien y figurer. Le club effectue un recrutement XXL, Dalmat, Luccin, Dehu, Mendy, et Letizi pour remplacer Lama.  Mais c’est surtout le transfert du « Titi » Nicolas Anelka qui marque le retour des ambitions du club. Malheureusement, ce retour de l’attaquant du Real Madrid marque aussi un retour sur le banc pour Leroy. Comme la saison précédente, l’attaquant débute dans la peau d’un remplaçant. Et comme la saison précédente, il la terminera dans la peau d’un titulaire.
Entrée en jeu 5 fois lors des sept premières journées, il attendra la 8ème journée pour débuter titulaire. Lors de ce déplacement à Lens, son premier but de la saison permet au club d’arracher le nul.
Alors que la crise de novembre est là, Bergeroo qui est dans la tourmente, le titularise 5 fois en 10 matches. Titulaire lors de la funeste défaite à Sedan le 2 décembre 2000, l’attaquant ne peut éviter le licenciement de l’entraineur. Après une série de 6 matches sans victoire, Luis Fernandez devient donc le nouvel entraîneur. En conséquence Leroy connait son quatrième entraîneur au PSG.
Alors qu’il aurait pu retrouver le banc, l’entraineur vainqueur de la Coupe des Coupes 1996 lui fait confiance. Ainsi, Leroy est titulaire sept fois entre la 20ème et la 31ème journée. Lors de cette période, il marquera deux buts au Parc.  Tout d’abord pour doubler le score contre Toulouse lors de la 28ème journée, victoire 3-0.  Ensuite pour ouvrir le score face à Auxerre, là aussi pour finir sur une victoire 3-0 lors de la 30ème journée.
Cependant, son élan sera coupé lors de la 31ème journée contre l’OL à Gerland. Mais ça, nous y reviendrons après avoir parlé de ses prestations en Ligue des Champions.

L’Europe pour briller

Comme en championnat, Leroy est remplaçant et comme en championnat, il finira titulaire. Lors des deux premiers matches de Ligue des champions contre Rosenborg et Helsingborg, il ne joue que 9 minutes. Ce statut de remplaçant ne change pas pour la réception du Bayern de Munich au Parc des Princes. En revanche, s’il ne pu être décisif lors de ses deux premiers matches, il fit vibrer le Parc ce soir-là. Nous jouons la 79ème minute dans ce match, moment choisit par Bergeroo pour faire entrer le numéro 19.
Onze minutes, il ne faudra que onze minutes à Laurent Leroy pour faire exploser le Parc. En effet, il récupère le ballon aux 20 mètres, avance puis crochète son défenseur pour entrer dans la surface. Dans la surface, il s’arrache pour placer un pointu du droit. Sa frappe à ras de terre file dans le but de Kahn, Leroy ouvre le score et délivre le Parc. On joue la 91ème minute, 1-0 le score en reste là.
Malgré ce but, Leroy reste sur le banc lors de revanche trois semaines plus tard et vois le PSG s’incliner. Toujours sur le banc lors de la réception de Rosenborg, Leroy participe quand même à la fête. Lors ce cette 5ème journée comptant pour la phase de groupe de la C1, Leroy rentre à la 73ème minutes. Le joker de luxe ne tarde pas à s’illustrer et vient inscrire le cinquième but parisien 3 minutes après son entrée en jeu. L’attaquant profite d’un long ballon de Ducrocq pour venir lobber Jamtfall à l’entrée de la surface. Leroy anticipe bien la sortie du gardien et place son lob en une touche de balle. L’attaquant marque son deuxième but en quatre matches, mais le deuxième en seulement 23 minutes en Ligue des Champions.

La Corogne.

Ses 2 buts, font qu’il acquiert une place de titulaire lors du match nul sur le terrain d’Helsingborg. Le PSG termine deuxième de son groupe et accède à la deuxième phase de groupe. Sur les 6 matches de cette deuxième phase, Leroy est titulaire cinq fois et livrera un de ses plus beaux buts contre La Corogne.
C’est dans un contexte défavorable, déplacement chez le champion d’Espagne, temps et pelouse pourris, public bouillant et obligation de gagner, que Leroy se distingue.
Alors que le PSG mène 1-0 grâce à l’ouverture du score de Jay-Jay Okocha, Leroy doublera le score juste avant la mi-temps.
Le numéros 19 est sur le côté droit et élimine Danilo d’un petit pont. Il s’avance vers Pablo, puis en fait sa chose grace à un crochet de l’extérieur du droit. Leroy s’engouffre dans la surface, repique et décoche une frappe enroulée de 15m au milieu de 3 joueurs. Le ballon fini dans la lucarne droite de Molina et le PSG mène 2-0. Laurent triplera même le score à la 55ème minute, reprenant plein axe le centre à ras de terre d’Algerino. Le PSG perdra finalement 4-3, je ne vais pas revenir sur match, ce qui marquera son élimination de la compétition.

Blessure à répétition

Comme dit précédemment, son élan fut coupé lors de la 31ème journée de Division 1. Le PSG se déplace à Lyon et voit Leroy se blesser gravement à la 41ème minute. L’attaquant se blesse à la suite d’un choc avec Pierre Laigle, verdict, fracture du tibia droit.

L’attaquant met 6 mois à s’en remettre et il faudra attendre la saison 2001-2002 pour le revoir.  Il est titulaire d’entrée le 25 novembre 2001 pour un match contre le FC Nantes. L’attaquant, se dépensera sans compter mais sera remplacer dès le début de la deuxième mi-temps par un certain Ronaldinho. Ensuite, il sera titulaire lors du match suivant contre Marseille puis lors des deux derniers matches de l’année contre Auxerre et Sochaux. Il ouvrira d’ailleurs la marque à la 39ème contre les sochaliens, terminant ainsi l’année 2001 sur une bonne note.
Toutefois, il dû encore faire face à l’adversité en ce début d’année 2002. Nous sommes le 5 janvier, Paris accueille l’AS Monaco. Comme à son habitude, Leroy se donne sans compter et cela lui sera encore fatal. On joue la 29ème minute, le numéro 19 va au duel avec Gallardo et reste à terre. Rebelotte, l’attaquant se refracture le tibia, fin de saison pour lui, d’autant plus qu’il revenait à son meilleur niveau.
Son retour à la suite de cette blessure, il l’effectuera neuf mois plus tard contre Strasbourg. Nous sommes le 14 septembre 2002, Leroy remplace le double buteur du soir, Cardetti à la 74ème minute. Le Parc se lève et offre une ovation à celui qui à toujours mouillé le maillot. Il déclara même :

« Cela m’a fait très plaisir de rejouer. L’accueil du public m’a touché. J’ai retrouvé des sensations et failli marquer. J’ai eu un peu peur avant le match, j’ai cogité vendredi et samedi. Mais, une fois sur le terrain, j’ai oublié mon appréhension. »

Après ce match, il faudra attendre 2 mois avant de le revoir sur les terrains de Division 1. Néanmoins, il sera titulaire lors du match retour du 1er tour de la Coupe UEFA. Il fut aussi titulaire au match aller du 2ème tour, marquant notamment un but contre le FC National.
Son retour au mois de novembre sera encore marqué par un rôle de Joker. Mais à l’instar des années précédentes, il ne réussit pas à s’imposer. Le joueur part en prêt du coté de Troyes, alors dans la zone de relégation. Le joueur est neuf fois titulaire sur les 15 derniers matches mais ne marque pas et ne peut empêcher la relégation du club.

Laurent Leroy face à Auxerre (C.Gavelle, PSG.fr)

Départ du club

De retour dans la capitale à la fin de saison, Leroy connait son 5ème entraineur Parisien en la personne de Vahid Halilhodzic.Leroy, qui revient de prêt et qui sera en concurrence avec Pauleta, ne comprend pas sa mise à l’écart. En effet « Coach Vahid » le déclare indésirable, l’envoie en CFA et l’interdit de vestiaire professionnel.Finalement, l’aventure son aventure parisienne s’arrête en 2003 à la suite de la résiliation de son contrat par le club. Ainsi après 95 matches et 20 buts celui qui s’est brisé deux fois la jambe pour Paris quitte le club.
A l’issue de cette résiliation il déclara :
« J’ai les boules. J’ai essayé de revenir à fond. Certains entraîneurs réfléchissent et donnent une chance aux joueurs. Je n’ai pas eu cette possibilité. Au vu des résultats actuels, je pense que j’aurais pu jouer au PSG. C’est la vie. J’espère que je trouverai un club où le public me donnera les frissons comme au Parc. Ma priorité, c’est de jouer. J’ai encore plus la rage. »
Après cette aventure de 5 ans, Leroy enchaînera avec des apparitions pour Neuchâtel, Cannes, Bordeaux, Créteil et Shanghai. Mais n’arrivant pas à retrouver son niveau après sa deuxième grosse blessure, il arrête sa carrière professionnelle en 2007.

Quelles traces ?

Dans le jeu, même s’il ne dribblait pas comme Ronnie ou Okocha, le joueur avait un certain touché de balle. Et cela, les défenses du Bayern et de la Corogne pourront le confirmer. Leroy savait jouer simple sans gestes superflues, n’hésitant pas à courir pour défendre dès qu’il perdait la balle. Au club il n’avait pas le rôle de buteur, mais savait bien prendre la profondeur et libérer des espaces pour ses coéquipiers. C’est d’ailleurs en partie grâce à Leroy que Christian brillera si bien lors de la saison 99-00.
Leroy laissera la trace d’un joueur qui se donne à fond, mouillant le maillot, n’hésitant pas à presser et à tacler avec hargne. Hargne qui lui sera malheureusement préjudiciable avec deux grosses blessures en six mois. Cette propension à mouiller le maillot, le public du Parc lui rendra merveilleusement bien.
En témoigne son ovation lors de son retour de blessure et le soutien qu’il a toujours reçu par ce même public. Amoureux du public du Parc des Princes, Leroy n’hésita pas à aller regarder un match avec le Virage Auteuil et ensuite avec le Kop Boulogne.  C’est ainsi que se déroula la carrière d’un des plus grands mouilleurs de maillot que le PSG ait connu.

Prince Owski

Heureux propriétaire du suffixe -Owski.
"Qu’importe : on pourra même me traiter de fou, il n’y a que ces couleurs Parisiennes qui illuminent mon cœur. Et à chaque blessure, il saigne ce cœur-là. Mais il s’enflamme encore." Francis Borelli
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