PSG – Bordeaux 1-1, 30/09/89, Division 1 89-90

PSG – Bordeaux 1-1, 30/09/89, Division 1 89-90

Samedi 30.09.1989, Championnat de France, Division 1, 12e journée (4e place) à Paris, au Parc des Princes :
PARIS ST-GERMAIN F.C. – GIRONDINS DE BORDEAUX F.C.  1:1 (0:0)
– 28 000 spectateurs environ. Buts : K.Allofs, 55′, Gabriel Caldéron, 84′ sur penalty. Arbitre : M. Vautrot.
L’équipe du PSG : Joёl Bats – Liazid Sandjak, Michel Bibard, Yvon Le Roux, Franck Tanasi – Jean-François Charbonnier, Gabriel Caldéron, Daniel Bravo (Amara Simba, 72′), Safet Sušić – Zlatko Vujović, Christian Pérez. Entraîneur : Tomislav Ivić.
L’équipe de Bordeaux : Bell – Thouvenec, Sénac, Battiston, Lizarazu – Pardo, Durand, Olsen (Meyrieu, 56′), Ferreri (Dogon, 90′) – Den Boer, Allofs. Entraîneur : Goethals.
Avertissements : Pardo, 41′, Daniel Bravo, 44′, Lizarazu, 56′, Durand, 78′, Michel Bibard, 87′.


Maillot utilisé :

domicile été 1989 1990
Maillot domicile 1989-90

Programme :

(collection La Mémoire du PSG)
(collection La Mémoire du PSG)

Photos du match :

Zlatko Vujovic retenu par Bell
Superbe arrêt de Joël Bats, qui évite le 0-2
Sortie « kamikaze » de Bell sur Safet Susic : pénalty !
Gabriel Calderon le transforme et égalise…
Safet Susic devance Thouvenel

Vidéo :


Compte-rendu (France Football) :

21′ : Den Boer lance Allofs côté gauche. Bats detourne le tir de l’attaquant allemand et Tanasi dégage en corner.
26′ : Bell mtervient tardivement dans les pieds de Vujovic. Bravo récupère mais son tir est mal cadré.
33′ : Vujovic est légèrement bousculé par Sénac dans la surface, mais M. Vautrot laisse jouer.
55′ : Ferreri récupère un ballon perdu par Bibard. il donne à Allofs qui s’enfonce dans la surface, dribble Bats et marque : (0.1).
66′ : Ferreri passe à Durand dont la frappe très puissante est détournée du poing par Bats.
81′ : des vingt cinq mètres, Susic tire un coup franc direct détourné en corner par Bell.
84′: Susic est bousculé par le gardien bordelais alors qu’il tente de de lober. Calderon transforme le penalty : (1-1).

Note du match : 9/20

Deux hommes en colère

Un penalty indiscutable mais fort contesté par les Bordelais a sauvé le P-SG samedi face au leader. Au bout du compte, le nul du Parc n’a fait que des mécontents…

Il y a des matches nuls qui laissent sur leur faim. Il y en a d’autres qui contentent parfaitement les deux adversaires d’un soir, dans la mesure où aucune des deux équipes ne méritait de perdre. Celui obtenu par le P-SG face à Bordeaux samedi dans un Parc des Princes nettement moins rempli que ne le laissait envisager une telle affiche, a fait des mécontents de chaque côté et même dans le public.

En vérité, et compte tenu de l’état d’esprit dans lequel les vingt-deux acteurs abordaient un tel « sommet », ce 1-1 aurait dû satisfaire aussi bien Tomislav Ivic que Raymond Goethals. Ce dernier ne s’en était guère caché avant le coup d’envoi : « Nous venons ici pour ne pas perdre. Un point, tel sera notre objectif. » Comme en face, les problèmes ne manquent pas actuellement, partager les points avec une équipe comme Bordeaux n’était pas forcément une mauvaise affaire. Seulement voilà : Bordeaux, grâce à un but de Klaus Allofs à la 54′ minute, a entrevu la bonne opération, et ce penalty sifflé par Michel Vautrot en fin de match aura eu une très fâcheuse conséquence pour les Girondins qui perdaient du même coup leur leadership, Marseille s’appropriant la première place au bénéfice d’une meilleure différence de buts. Et l’OM, il faut le rappeler, a un match de retard (contre Monaco, le 22 novembre)…

Autant dire que, dans les vestiaires girondins, ce n’était pas la joie, mais on y reviendra. Cette rencontre sentait d’ailleurs le roussi dès le coup d’envoi. Face aux très bonnes intentions manifestées par les Parisiens, en quête de réhabilitation après leur médiocre qualification face aux Finlandais de Lahti, la défense girondine et Didier Sénac en particulier allaient se charger de refroidir rapidement les enthousiasmes. Daniel Bravo, très incisif, était proprement ceinturé par Sénac à l’entrée de la surface, ce qui aurait mérité pour le moins la sortie d’un carton jaune et, dans les secondes qui suivaient, un mini-cyclone s’abattait sur la pelouse du Parc et deux Bordelais se retrouvaient « curieusement » au tapis, Lizarazu le long de la touche, dans le camp parisien et tout là-bas, dans sa propre surface, Jesper Olsen gisait aussi. Les soigneurs bordelais étant fort occupés à remettre d’aplomb le petit défenseur basque, bien secoué, on vit alors le tandem médical parisien traverser à toutes jambes le terrain pour porter secours… au Danois. Un geste très applaudi par une grande partie du public.

Les inconditionnels du P-SG, eux, allaient avoir l’occasion de manifester leur colère une première fois, à la 33′ minute lorsque, bien lancé par Bravo, Vujovic était poussé dans le dos par Battiston et s’écroulait dans la surface. Michel Vautrot, après une seconde d’hésitation, refusait le penalty au Yougoslave. Les joueurs parisiens, le kop de Boulogne et le banc du P-SG entraient alors dans une sombre fureur. Zlatko Vujovic venait d’être victime de sa propre réputation…

A la pause, rien n’était joué, et ce « choc » de la 12ème journée de Championnat entre le leader bordelais et le 3ème du classement n’avait guère atteint les sommets. Les Bordelais, remarquablement organisés et quadrillant parfaitement le terrain, s’étaient surtout contentés de laisser venir des Parisiens attaquant en ordre dispersé. Au milieu du terrain, Bordeaux avait toutefois pris un avantage certain sur son adversaire. Mais ce n’était pas une grosse surprise. Mercredi dernier, Ivic s’était d’ailleurs plaint de posséder surtout cinq attaquants et cinq défenseurs mais aucun milieu de terrain…

L’ombre d’Omar Sène

Mais l’ombre d’Omar Sène a encore plané sur la pelouse du Parc. Dans le système prôné par Tomislav Ivic. Sène tenait jusqu’ici un rôle prépondérant. Dans une position de libero avancé, le grand Omar constituait une parfaite liaison entre la défense et l’attaque, par ses relances souvent justes. Calderon, chargé de le suppléer, s’est montré beaucoup moins à l’aise dans ce nouveau rôle que devant les Finlandais. Mais Bordeaux, ce n’est pas Kuusysi…

On allait s’en apercevoir dès la reprise, les Girondins décidant de hausser le rythme. La défense bordelaise avait rempli son contrat durant les quarante-cinq premières minutes, Ferreri, Den Boer, Allofs et Durand sortaient alors le turbo. Et une fois encore, la défense parisienne allait montrer ses limites. Bibard, pressé, affolé, passait en retrait pour Bats, mais Ferreri interceptait et servait Allofs sur la gauche. L’Allemand dribblait Bats et ouvrait le score. Le public du Parc prenait fait et cause pour le visiteur, et le P-SG se mettait alors à tanguer dangereusement sous les coups de boutoir girondins.

Sous l’impulsion de Safet Susic, encore excellent samedi soir, les Parisiens allaient cependant puiser dans leurs dernières ressources physiques et morales, se battre avec courage pour arracher une égalisation méritée. Et ils allaient enfin l’obtenir à la 82′ minute lorsque, sur une ouverture en profondeur de Christian Perez, Bell sortait pied droit en avant au-devant de Susic. C’était le choc. Pas violent, certes, mais Safet s’écroulait, et Michel Vautrot, cette fois, n’hésitait pas. Il y avait bel et bien faute du gardien girondin, et le penalty transformé par Calderon sous les sifflets du Parc était indiscutable, n’en déplaise à Raymond Goethals, debout le long de la touche, hurlant sa colère…

Dix fois, vingt fois, l’entraîneur belge de Bordeaux allait répéter un peu plus tard les mêmes mots : « C’est scandaleux ! Il n’y a qu’à Paris qu’on voit cela ! Vraiment, ici, on sait y faire… Regardez : en quinze jours, le P-SG est sauvé devant une bonne équipe du RP 1 qui lutte pour son maintien grâce à un penalty imaginaire sifflé en fin de match, contre les Finlandais, qui auraient mérité la qualification, c’est pareil, et ce soir, c’est nous qui sommes victimes de l’arbitrage, pour une faute dérisoire comme on en voit beaucoup dans n’importe quel match. Croyez-moi, si on n’arrête pas cela tout de suite, cela va devenir très grave. »

On n’avait rarement vu Raymond la Science dans une telle ire. « Moi, je dis ce que j’ai à dire. Et ce soir, je dis que nous sommes volés. » Un peu de calme, Raymond. Vautrot est tout de même un arbitre au-dessus de tout soupçon, non ? « C’est vous qui le dites ! Moi, je me souviens d’un match de Coupe d’Europe entre Anderlecht et Malines arbitré par M. Vautrot il y a un an. Ils nous a fait jouer quatre-vingt-neuf minutes à dix contre onze à l’extérieur. Den Boer avait pris ce qu’on appelle les « bijoux » de Keshi, mon défenseur. Ce dernier est tombé. Vautrot n’avait rien vu, il est allé voir son juge de touche et a expulsé Keshi ! Vous pouvez aller le demander à Den Boer, il est là ! ».

Et pourtant… Les ralentis TV sont impitoyables : il y avait penalty sur Susic comme il y en avait également un en première mi-temps sur Vujovic.

Borelli : « On ne nous aime pas »

Dans le vestiaire d’en face, ce n’était pas la même colère. Elle était plus sourde. Elle émanait d’un homme qui passe pour être exhubérant, mais qui a toujours su garder une certaine mesure, une certaine modération dans ses déclarations : Francis Borelli. Le président du P-SG en a assez et il l’a dit. Tard dans la nuit du Parc, il était encore là, entouré d’une poignée de journalistes, et il expliquait le pourquoi de sa grosse amertume présente et passée.

« Nous sommes mal aimés. Par la presse et maintenant par le public. Ce dernier, je l’ai toujours dit, est souverain. Je le respecte profondément. Mais quelle injustice ! Je suis le premier à reconnaître que notre style n’a rien d’enthousiasmant, que nous ne sommes pas au zénith, loin de là, mais méritons-nous pour autant toutes ces critiques ? Nous avons fini deuxièmes l’an dernier, nous sommes troisièmes aujourd’hui et qualifiés pour le deuxième tour de la Coupe de l’UEFA. Qu’avons-nous de moins que les autres ? Ce soir, nous avons pris un point contre une très belle équipe de Bordeaux, et nous pouvions en prendre deux si Vujovic, puni par sa réputation, avait bénéficié d’un penalty tout à fait justifié. Pourquoi le public nous a-t-il ainsi sifflés ? »

L’ami Francis en a vraiment gros sur le coeur, et il ajoute : « On parle toujours de spectacle, de spectacle. Il est où le spectacle ? Vous savez, je vois des dizaines et des dizaines de matches. Il n’y a pas beaucoup d’équipes qui font le spectacle, aussi bien en France qu’à l’étranger. Le football actuel n’est pas spectaculaire, et, vous, les spécialistes, vous devriez le dire. Moi, je possède les quatre joueurs les plus spectaculaires du Championnat. Qui peut affirmer que Perez, Susic, Bravo et Calderon ne le sont pas ? ».

Dans une compétition comme le Championnat, il y a des matches-référence. Francis Borelli ne peut pas avoir oublié ce P-SG – Monaco du 16 septembre dernier. Quand reverrons-nous ce P-SG-là ? La presse, accusée de tous les maux et montrée du doigt par les dirigeants parisiens, ne s’était-elle pas unanimement enthousiasmée au lendemain du succès face aux Monégasques devant le jeu remarquable pratiqué alors par les joueurs d’Ivic ? Que voilà un bien mauvais procès. La presse parisienne n’aimerait pas le P-SG ! On croirait entendre Jean-Louis Piette à la fin de la saison dernière !

En attendant, voilà le Paris-SG et son entraîneur avec le problème Omar Sène sur les bras. Nombreux sont ceux qui prônaient samedi une solution d’apaisement rapide dans un conflit qui ne pourrait que nuire encore au rendement du P-SG, placé désormais devant des échéances très sérieuses. Aussi bien en Championnat, puisque le P-SG s’est fait doubler par Sochaux et n’est plus que quatrième, qu’en Coupe d’Europe, où il faudra préparer avec un soin tout particulier la venue de la redoutable Juventus d’Aleinikov et de Zavarov…

Bordeaux a beaucoup moins de soucis. La colère de Goethals passera vite, car les Girondins possèdent une équipe solide et performante dans toutes ses lignes. Même s’il n’a pas montré tout son savoir-faire samedi, Bordeaux reste une machine impressionnante. Après tout, si l’OM est aujourd’hui devant, Goethals ne doit pas en être très surpris. Il a toujours dit que son favori pour le titre c’était Marseille…


Le stade :

Le Parc des Princes

 

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Fan du club depuis toujours, présent au Parc et en déplacement de 1988 à 2010. PSG ´till I die! Voir la bio de Loic...

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