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PSG – Etaples 1-0, 13/12/70, Coupe de France 70-71

Dimanche 13.12.1970, Coupe de France, 6e tour à Saint-Germain-en-Laye, au Stade Georges-Lefèvre :
PARIS ST-GERMAIN F.C. – ÉTAPLES A.S. (Prom.)  1:0 (0:0)
– 1 999 spectateurs. But : Bernard Guignedoux, 47′. Arbitre : M. Lempereur.
L’équipe du PSG : Camille Choquier – Jean Djorkaeff, Jean-Claude Fitte-Duval, Roland Mitoraj, Fernando Cruz – Bernard Guignedoux, Alain Garillière – Jacques Rémond, Michel Prost, Thierry Carré, Jean-Claude Bras. Entraîneur : Pierre Phélipon.
L’équipe d’Etaples : Leleu – Capet, Routier, Ducoroy, Bomy – Lamourette, Ray – Menuge, J. Boulanger (Badin, 71′), Roux, A. Boulanger. Entraîneur : Pachuzark.


Maillot utilisé (avec Vichy Saint-Yorre et le numéro sur le devant) :

Réédition maillot domicile 1970-72, version hiver (collection MaillotsPSG)

Réédition maillot domicile 1970-71 (collection MaillotsPSG)


L’affiche du match :

7071_PSG_Etaples_affiche


Photos du match :

Les Etaplois avant le coup d’envoi

Jean Djorkaeff pressé par Boulanger

Jean-Claude Bras échappe à Capet

Intervention de Camille Choquier sous les yeux de Jean-Claude Fitte-Duval, de Fernando Cruz et de Ray

Jean-Claude Bras saute plus haut que Bomy et Capet


Compte-rendu :

[Après Dieppe (division d’honneur, 4ème échelon national), éliminé par le Paris-SG sur la plus petite des marges au tour précédent, c’est l’AS Etaples, qui évolue en championnat de promotion (5ème rang national) qui se présente à Saint-Germain. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les 3 divisions séparant les deux formations n’ont pas sauté aux yeux des 2.000 spectateurs présents pour l’occasion. Si l’équipe du PSG, légèrement remaniée par l’entraîneur parisien, eut globalement la mainmise sur les débats, il fallut attendre le début de seconde mi-temps pour assister au seul but du match, œuvre de Bernard Guignedoux. Les parisiens passent donc avec difficulté ce 6ème tour et se qualifient pour les 1/32 de finale où les qualifiés sont rejoints par les clubs de 1ère division…]

La voix du nord :

En Coupe de France Etaples succombe avec panache devant Paris Saint-Germain : 0-1

Il n y a pas eu le miracle escompté à Saint-Germain, mais les Etaplois ont succombé avec panache, forçant leurs adversaires à se donner a fond jusqu’au coup de sifflet final. Etaples, à l’exemple de la chèvre de Monsieur Seguin, ne s’est laissé manger qu’après avoir vaillamment combattu, et avoir failli obtenir une égalisation qu’on n’aurait pas considérée comme usurpée.

Car nos vaillants représentants de la Côte d’Opale, voués à l’immolation sur l’autel du sacrifice parisien de par la grâce d’une Fédération trop encline à protéger ses équipes professionnelles, ont vendu chèrement leur peau. Une immense ovation salua leur arrivée sur te terrain, une ovation émanant du millier de supporters qui avaient effectué le déplacement mais aussi du public parisien qui fit montre d’un bel esprit sportif a leur égard.

Et quand l’arbitre. M. Lernpereur. qui était assisté de MM. Seguitiot et Cuvillier comme juges de touches, donna le coup d’envoi, on s’aperçut très vite que les nationaux prenaient ce match très au sérieux. il y avait deux minutes de jeu que déjà Bras catapultait la balle de ta tête en direction des but, de Leleu.

Puis trois minutes plut. tard, Leleu plongeait fort opportunément dans les pieds de Carré pour lui subtiliser la balle. Ce démarrage en trombe des Parisiens n’impressionna nullement les Etaplois qui s’organisèrent bien vite et imprimèrent un rythme endiablé à la partie. On mouillait le maillot dans les deux camps et l’esprit de battant des visiteurs contrait aisément la technique des Parisiens, une technique qu’ils parvenaient mal à extérioriser surtout a l’approche des dix-huit mètres etaplois. Aucun complexe
chez nos représentants des bords de la Canche qui pourtant se mesuraient à des hommes dont le renom n’est plus à faire.

C’est ainsi que le junior A. Boulanger engagea hardiment le fer avec Djorkaeff et l’international dut souvent faire appel à toute sa classe pour éviter le pire. Un autre international, Mitoraj, ne fut guère à la fête et Routier, son vis-à-vis. soutint avantageusement la comparaison tandis que Bras fut souvent mis sous l’éteignoir par un Bomy en état de grâce.

La machine parisienne tournait bien jusqu’à la ligne médiane niais ensuite, Il se trouvait toujours , un ou deux joueurs étaplois pour contrer les velléités offensive, de Saint-Germain et relancer l’attaque dans le camp adverse. Si bien que les tirs au but furent assez rares et les seules occasions dangereuses le furent sur des coups de pied arrêtés, à l’exception d’une bonne action de Rémond qui tenta de lobber Leleu à la 20e minute, mais le ballon retomba sur la transversale avant de sortir en touche. A l’inverse, une montée offensive étaploise faillit tourner mal pour les Parisiens : Djorkaeff détourna in extremis en corner devant J. Boulanger. menaçant à trois mètres des but. Les mêmes joueurs encore furent aux prises à la 36e minute et une nouvelle fois l’international sauva son gardien. Etaples eut chaud pourtant aux 17e et 42e minutes, où sur des coups francs accordés par l’arbitre aux 18 mètres, Leleu au prix de plongeons spectaculaires préserva sa cage inviolée. Tant et si bien qu’on atteignit la mi-temps sur un score vierge.

On imagine aisément l’ambiance qui régnait dans le stade Lorsque l’arbitre renvoya les joueurs aux vestiaires pour un repos bien mérité.

Les supporters étaplois hurlaient leur joie accompagnée du concert de cornes de brume, trompettes, crécelles et autres instruments bruyants qu’on avait sortis pour la circonstance.

Le coup de théâtre se produisit dès la remise en Jeu. Il y avait a peine deux minutes que les deux équipes étaient revenues sur le terrain que Garillière déborda par l’aile droite. Prés du point de corner, il centra fort en retrait vers la ligne des dix-huit mètres. Guignedoux arrivait en trombe et reprit la balle de volée. Comme une fusée, elle jaillit dans le coin des filets et l’infortuné Leleu malgré une tentative désespérée ne put éviter le but.

Saint – Germain fut alors plus confiant. Etaples ne se découragea pas pour autant et son énergie en fut décuplée. A la 71e minute t’arbitre accorda un coup franc direct à 30 m des buts d’Etaples. Le mur de la Canche écarta le danger. Peu après, J. Boulanger faillit capter une balle dans les dix-huit mètres adverses. Il se heurta au gardien Choquier et reçut en pleine poitrine un coup de genou dont on veut espérer qu’il était involontaire. Quoi qu’il en soit, Boulanger groggy quitta le terrain, revint trois minutes plus tard, mais dut laisser sa place au 12e homme, Badin, qui fit une entrée remarquée en passant son garde du corps, mais il ajusta mal son tir. La fatigue commençait à se faire sentir dans les rangs parisiens. Etaples, tambour battant, attaquait sans cesse, créant la perturbation dans le jeu bien ordonné des Parisiens, lesquels concédaient deux corners et utilisaient la touche pour se sortir d une pression de plus en plus vive. A la 83e minute, Djorkaeff contra A. Boulanger de manière irrégulière à la limite des dix-nuit mètres. Roux tira doucement le coup de pied de réparation. Tout le monde était surpris, y compris le gardien parisien et déjà des clameurs victorieuses s’élevaient dans le stade. Hélas : le montant renvoya la balle que Cruz mit en corner. Sur le coup de pied en coin Menuge reprit de volée, à côte. Peu après, Lamourette à son tour tenta une reprise de volée, mais elle n’eut pas un meilleur sort.

Etaples était donc sorti de la Coupe. Avec les honneurs toutefois et ses adversaires lui rendirent un hommage mérité à plus d’un titre. Phillippon, l’entraineur de Saint-Germain nous avouait après la rencontre combien il avait eu chaud dans le dernier quart d’heure.  » Je ne suis pas surpris dit-il, qu’Etaples ait battu Amiens. Avec le rythme qu’ils ont imposé à la rencontre, mes joueurs ont mouillé leur maillot comme ils n’ont pas l’habitude de le faire. Jamais ils n’ont été en mesure d’extérioriser leur technique car ses qu’ils avaient la balle, un ou deux joueurs étaplois étaient là pour les contrer.

Etaples est une équipe bien sympathique qui redonne goût au football car les joueurs savent se battre et se dépenser, ce que les pros devraient pouvoir faire également, mais plus on monte en technique plus l’engagement physique est taible. Chez les Etaplois, j’ai surtout remarqué le jeune ailier A. Boulanger, le milieu de terrain Routier et le gardien Leleu aussi, qui eut des interventions splendides. Ce qui manque sans doute dans cette équipe c’est un attaquant qui sache taper au but « .

Dans tes vestiaires étaplois. malgré la délaite on était joyeux. Le score est honorable et Pachurka félicitait ses gars. On regrettait bien sûr le coup franc sur le montant, mais point d’amertume. Tous avaient conscience de s’être bien battus. Les Etaplois ont eu leur heure de gloire.


Le stade :

Vue aérienne du Stade Georges-Lefèvre

Vue aérienne du Stade Georges-Lefèvre


Loic

Fan du club depuis toujours, présent au Parc et en déplacement de 1988 à 2010. PSG ´till I die!

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Loic

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