PSG – Marseille 3-0, 26/10/02, Ligue 1 02-03

Définitivement l'homme du match

Samedi 26.10.2002, Championnat de France, Ligue 1, 12e journée (2e place) à Paris, au Parc des Princes :
PARIS ST-GERMAIN F.C. – OLYMPIQUE DE MARSEILLE  3:0 (2:0)
– 41 949 spectateurs. Buts : Ronaldinho Gaùcho, 15′, Ronaldinho Gaùcho, 37′ sur penalty ; Martin Cardetti, 81′.
L’Équipe du PSG : Lionel Letizi – Cristóbal Parralo, Talal El-Karkouri, Mauricio Pochettino, Gabriel Heinze – Frédéric Déhu, Alex Nyarko (Francis Llacer, 82′) – Fabrice Fiorèse (Selim Benachour, 75′), Ronaldinho Gaùcho, Bartholomew Ogbeche (Lionel Potillon, 67′) – Martin Cardetti. Entraîneur : Luis Fernandez.
Avertissements à Francis Llacer, Alex Nyarko et Mauricio Pochettino.


Maillot utilisé :

Maillot domicile 2002-03 (collection MaillotsPSG)

Maillot domicile 2002-03 (collection MaillotsPSG)


Billet :

0203_PSG_OM_billet


Programme :


Photos du match :

Ronaldinho donne le tournis aux défenseurs phocéens

Ronaldinho donne le tournis aux défenseurs phocéens

Selim Benachour à la relance (Ch. Gavelle)

Selim Benachour à la relance (Ch. Gavelle)

Mauricio Pochettino tacle Sakho

Mauricio Pochettino tacle Sakho

Gabriel Heinze (Ch. Gavelle)

Gabriel Heinze (Ch. Gavelle)

La joie des parisiens

La joie des parisiens

Personne ne peut suivre Ronaldinho!

Personne ne peut suivre Ronaldinho!

Intervention de Lionel Letizi

Intervention de Lionel Letizi

Ronnie cerné mais vainqueur

Ronnie cerné mais vainqueur

La joie de celui qui aura marqué les supporters parisiens sur ce match

La joie de celui qui aura marqué les supporters parisiens sur ce match

Martin Cardetti, qui marquera le 3ème but (Ch. Gavelle)

Martin Cardetti, qui marquera le 3ème but (Ch. Gavelle)

Définitivement l'homme du match

Définitivement l’homme du match

Le Virage Auteuil (Ch. Gavelle)

Le Virage Auteuil (Ch. Gavelle)

« L’heure du triomphe a sonné » (Ch. Gavelle)

Le Kop de Boulogne avait prévenu l'OM...

Le Kop de Boulogne avait prévenu l’OM… (Ch. Gavelle)


Vidéo :


Compte-rendu (site officiel via PSGMAG.net) :

Trois buts, et bien plus encore. Même provisoire, cette place de leader devrait donner des ailes à la bande à Fernandez. Car au-delà d’une victoire sur l’ennemi national, Paris a retrouvé la joie de goûter à l’air vertigineux du sommet. Et pour s’offrir ce bon bol d’air, c’est dans le sillage chaloupé de son génie gaucho que Paris a creusé ce sillon. Est-ce la fin d’une ère ou le début d’une autre ? Entre les vieux démons qui faisaient de ces confrontations des moments plus souvent houleux que joyeux, et une conjoncture favorable qui refait goûter provisoirement à Paris le parfum des sommets, on se doit de se poser cette question. Et si l’on excepte cette cinquante-quatrième minute où des inconscients ont semé le trouble dans une rencontre aux nerfs parfaitement maîtrisés, on peut allègrement considérer que la soirée a été réussie.
Il y a eu comme dans tous les grands classiques, ce qui fait de ce rendez-vous un moment rare. De l’intox, avec ce changement de dernière minute sur la feuille de match (Ogbeche à la place de Potillon). Un stade coloré et parfaitement animé. Un génie pour donner le « la ». Et enfin des buts, pour que l’histoire retienne comme une offrande, que ce genre de spectacle ne s’offre que rarement aux yeux de tous. Alors certes, il ne s’agissait pas du match du siècle, loin de là même, mais au moins voilà un PSG-Marseille qui a accouché d’un ballon. Et pas de gnons. Et c’est donc justement en s’attachant à soigner son départ que Paris va se mettre à l’abri du piège marseillais. Comme lors de ses dernières sorties, c’est le premier quart d’heure qui va lui servir de détonateur. Pour commencer, ce sont deux coup-francs de Ronaldinho qui annoncent la couleur (3e et 5e). Si ces deux tentatives ne font passer que de jolis frissons dans le dos de Runje, elles ont le mérite d’une certaine franchise : les coups de pied arrêtés joueront leurs rôles dans cette rencontre.

Et ce sont les accélérations d’Ogbeche qui donnent le tournis à Hemdani puis à Marseille. Tous les moyens sont bons pour freiner ses ardeurs, ce qui va vite faire les affaires de Ronaldinho. Une nouvelle tentative de trente mètres oblige le gardien marseillais à une parfaite vigilance, mais cette fois encore le ballon rebondit sans conséquence devant les buts olympiens. Une minute après cette tentative, le champion du Monde brésilien a une nouvelle occasion de régler son tir. Ce coup-franc complètement excentré le long du couloir gauche n’offre pas un champ de vision idéal, à proprement parler, mais il a le mérite de continuer à mettre sous pression la défense adverse. Ronaldinho s’élance et frappe à mi-hauteur vers la cage de Runje. Enveloppée au millimètre, la frappe n’est touchée ni par Meïte, ni par Ecker qui obstruent la visibilité à Runje. Il n’en faut pas plus pour voir le ballon filer au fond des filets (16e). Ronaldinho explose, et s’en va saluer Boulogne, le stade chavire déjà dans la folie.

C’est en tout cas une entame idéale pour laisser venir les Marseillais, exactement comme Paris le fait à chaque fois qu’il ouvre la marque au Parc. Et Marseille tente de réagir grâce à son milieu de terrain, notamment par Johansen et Celestini. Mais les milieux marseillais sont à la peine face au duo de récupération que composent Déhu et Nyarko. Bien en place, les Parisiens ressortent proprement les ballons qui ne demandent qu’à entrer dans la surface de réparation. Et c’est même en partant de ses dix-huit mètres que Paris remet le feu aux poudres. Une relance à laquelle Cardetti redonne un peu plus d’ampleur en s’offrant un une-deux avec Ronaldinho, mais la petite balle piquée du génie brésilien est trop en profondeur pour que le goleador argentin puisse correctement cadrer sa tête (27e).

Et Paris repart de plus belle, faisant fi des velléités sudistes. Et c’est exactement ce qu’il faut qu’il fasse, sabordant un peu plus la mise en place des hommes de Perrin. Si bien que les hommes de Fernandez vont doubler leur capital comptable. Et c’est encore le jeune Ogbeche qui va provoquer la sanction coupable. Sur un débordement de l’inusable Cristobal, ce dernier trouve Fiorèse dos au but. L’ancien guingampais ne parvient pas à se retourner et tente de centrer devant le but sur un retourné. Si son coup est un peu mou, il ne l’est pas pour Ogbeche qui jaillit au-devant des mains de Runje. Le gardien olympien touche l’international nigérian et contraint Monsieur Poulat à désigner le point de penalty. C’est un cadeau inespéré pour Ronaldinho, dont le contre-pied est parfait (38e). Le Parc est devenu un bateau ivre, dans les tribunes chacun chavire de bonheur. Marseille a un genou à terre. Celestini sur coup-franc (44e) puis Fernandao de la tête (45e) se chargent de dissiper les aigreurs de quarante-cinq premières minutes dominées tactiquement par la bande à Fernandez.

Et l’expérience aidant, les Parisiens vont laisser venir leur visiteurs d’un jour. Faire sortir les Marseillais pour mieux remonter le ballon et partir en contre. C’est un cas d’école mais c’est ce qui marche encore le mieux. Marseille jette donc toutes ses forces dans cette moitié de bataille qu’il lui reste à disputer. Malheureusement, cet allant est dissipé par quelques intellectuels que les poulpes ne renieraient pas comme leurs propres enfants. En se rapprochant du piquet de corner face à la tribune des Marseillais, Ronaldinho reçoit une multitude de projectiles avant qu’un pétard ne lui explose dans les oreilles.

Monsieur Puyalt est obligé de stopper la rencontre et Alain Perrin, de demander le calme à ses suiveurs. Après trois minutes d’un intermède franchement énervant, tout rentre dans l’ordre. Et Paris repart de plus belle. Marseille s’est cassé les reins sur la défense de fer parisienne, il ne reste plus qu’à attendre l’opportunité de sceller ce coup parfait. Idéalement servi dans le dos de la défense, Cardetti se retrouve une première fois face à Runje. Le duel est perdu (60e) mais les perturbations ont changé de couleurs. Ce Marseille qui joue mieux n’est définitivement pas à la hauteur d’un Paris, à qui aujourd’hui, tout sourit. L’homme du jour, c’est évidemment Ronaldinho. Le champion du monde s’amuse au milieu des jambes marseillaises. Râteaux, passes en aveugle, passements de jambes, le bagage du football made in Brazil est là. Quelquefois même, un peu chambreur – et on le serait à moins – Ronaldinho est à deux doigts de tripler son capital diurne.

Après que Pochettino ait repoussé trois tirs, le capitaine parisien sort de sa réserve et initie un une-deux avec le Gaucho. Seul face à Runje, ce dernier voit sa tentative avorter. En fait, le troisième marqueur de la soirée sera Cardetti. Le long du couloir gauche, Heinze dispute un ballon à Johansen mais parvient à adresser une longue transversale vers le petit Argentin. En bon buteur qu’il est, Cardetti sent le poids de Ecker revenir au galop sur ses épaules. Il met tout ce qu’il a d’un bon coup de tête. Runje est battu, Marseille est à terre, l’histoire ne se répètera plus (82e). Enfin, Paris montre qu’il est redevenu maître chez lui, et c’est un des siens qui partage provisoirement la tête du classement des buteurs (7 buts). En octobre 2000, Laurent Robert et Christian avaient offert une victoire de choix à Paris. On ne luttait pas alors pour le fauteuil de leader. Cette fois, les données étaient différentes, et c’est justement ce qui rend cette victoire encore plus jolie.

Réactions :

Ronaldinho : « J’ai peut-être réalisé mon meilleur match avec le PSG ce soir. En tout cas, j’ai senti que c’était l’un des meilleurs. Pas seulement sur un plan personnel, mais également de la part de toute l’équipe. Et ça, ça me rend doublement heureux. Jouer au football et donner de la joie à 50 000 personnes, c’est extraordinaire. C’est le moteur de ma motivation. Alors je veux pouvoir partager mes émotions avec le public. Et puis, battre Marseille, c’est toujours spécial. On éprouve une sensation différente parce qu’on connaît toute la rivalité qui peut exister entre les deux clubs. Je vais rentrer chez moi le coeur léger, heureux d’entrer un peu plus dans les annales du PSG. Il ne faut pas mésestimer Marseille. On a juste su profiter des occasions pour les mettre en difficulté. Avec ce succès, on est encore sûrs de rien, mais on se rapproche de nos objectifs. Pour les joueurs, c’est le match à prendre en exemple pour la suite du championnat. Et, pour les supporters, c’est devenu une base de référence. Ils se souviendront de ce match. A présent, il nous faut essayer de toujours renouveler la performance de ce soir. C’est toujours flatteur de pouvoir entendre les éloges de son entraîneur. Mais je suis encore loin d’être un génie ou un joueur hors classe. Il me reste pas mal d’heures d’entraînement pour y parvenir. Je veux marquer l’histoire du club. Mais je garde à l’esprit que la seule façon de le faire, c’est de gagner des titres. Alors, je vais donner le meilleur de moi-même pour aider le PSG à être champion. Je suis très heureux ici. Mon esprit est 100 % à Paris. Je veux pouvoir partir en laissant le club avec un titre. »
Alain Perrin (entraîneur de l’Olympique de Marseille) : « La victoire parisienne est parfaitement logique. Pour l’emporter dans un match comme celui-là, il faut être présent pendant quatre-vingt dix minutes. Ce soir, j’ai eu honte de mes joueurs. Il reste beaucoup de travail pour rattraper la différence que nous avons avec une équipe qui vise le titre. Je ne suis vraiment pas content du spectacle auquel j’ai eu droit, surtout en première mi-temps. Heureusement que nous avons montré un autre visage en seconde période. Il nous a tout de même manqué le mental, et la qualité technique. Paris est une équipe très solide qui possède des joueurs dont le talent individuel peut à tout moment faire la différence. Ils ont largement de quoi voyager. »

Luis Fernandez (entraîneur-manager du PSG) : « C’est une belle victoire que nous avons su construire. Nous avons fait de belles choses. Les garçons ont eu la maîtrise du jeu, et je pense que le score aurait pu être encore plus large. Nous avons su être présents pendant tout le match et pour ça, nous pouvons être satisfaits. Il faut insister dans ce sens, nous sommes sur le bon chemin. Mon groupe est très intéressant et ce soir, je lui mets un 20/20. Tout le monde participe, nous sommes sur une bonne dynamique et je sais en plus que l’équipe va encore progresser. Ronaldinho a été ce soir un vrai génie, un artiste, il a beaucoup donné. Il a survolé tout le monde et a montré ce que c’est qu’un champion du monde. Nous aurions été contents avec une simple victoire mais là, nous avons mis la manière en plus. Je ne sais pas si nous serons toujours premiers à 22 heures mais pour l’instant, cela suffit à notre bonheur. Je dit également bravo aux vingt-deux acteurs car nous n’avons vu ni méchanceté, ni agressivité. Nous avons assisté à un grand match de football. Je veux enfin féliciter nos supporters, cette victoire est aussi la leur. »

Mauricio Pochettino (défenseur et Capitaine du PSG) : « Je suis très content car nous avons très bien joué, et ces trois points sont importants pour la suite du championnat. Nous avons largement été supérieurs à l’OM durant les quatre-vingt dix minutes. Nous avons joué ce match avec l’envie de continuer sur notre bonne lancée après les victoires face à Guingamp (5-0) et à Troyes (2-1). L’ambiance dans le Parc a été magnifique, et je tiens d’ailleurs à féliciter nos supporters pour leur excellent comportement. »

Martin Cardetti (attaquant du PSG) : « Le fait d’avoir remporté cette victoire est surtout excellent pour le moral et la confiance. C’était important de continuer sur cette dynamique de victoires. Ronaldinho a fait un match extraordinaire, comme tout le reste de l’équipe d’ailleurs. Je remercie tout le groupe qui a facilité mon intégration. C’est la meilleure explication à ma réussite actuelle. »

Selim Benachour (milieu de terrain du PSG) : « Cela fait deux-trois matches que nous sommes en constante progression. C’est une très bonne performance que nous venons de réaliser, et j’espère que nous allons poursuivre ainsi. Je suis satisfait de jouer de plus en plus, mais il me reste encore beaucoup de travail à accomplir pour espérer jouer plus souvent. Ce soir, le plus important sont les trois points. »

Les notes du Parisien :

Letizi (6,5). Impeccable sur ses sorties aériennes (sauf sur la tête de Van Buyten (12e), il a rassuré toute sa défense. Deux arrêts tranquilles (77e, 79e).
Cristobal (6). Latéral droit et toujours en soutien de Fiorèse, il a contribué à maîtriser cette zone stratégique dans le plan marseillais. Calme et rigoureux, il a été présent en deuxième période.

El Karkouri (6). Arrière central, il a effectué des interventions spectaculaires. Il s’est fait piéger une fois par Sakho sur un ballon se dirigeant en corner (29e). Très appliqué après la pause.

Pochettino (6,5). Défenseur axial, il a dirigé avec maîtrise le système défensif. Rude dans les duels, il a apporté sa sécurité coutumière. Averti à la 66e.

Heinze (6,5). Positionné arrière gauche, il a apporté toute sa fougue dans son couloir, n’hésitant pas à percuter jusqu’aux abords de la surface adverse. Truqueur ou expérimenté, il a énervé les Marseillais comme le faisait un Di Meco à l’époque. Passeur décisif pour Cardetti.

Fiorèse (6). Piston droit, il avait pour mission de bloquer le côté fort des Marseillais. Il a bien coupé la relation entre Dos Santos et ses attaquants. Remplacé par Benachour (75e).

Déhu (6). Libero devant la défense, son jeu de tête a été précieux. Efficace au moment où l’OM a joué son va-tout offensif.

Nyarko (6,5). Milieu de terrain relayeur, il a couvert énormément de terrain pour récupérer des ballons. Averti (76e) et remplacé par Llacer (82e), lui aussi averti (85e).

Ogbeche (6,5). Côté gauche, le titulaire surprise a apporté ce brin de folie dans la création sans négliger son replacement défensif. A son crédit, il provoque le penalty. Bonne frappe (63e) avant d’être remplacé par Potillon (67e) qui s’est obstiné à défendre sa zone.

Ronaldinho (9). Pris en individuelle par Meïté, le Brésilien a multiplié les gestes techniques de grande classe. Chaque transversale était précise, chaque dribble incisif, chaque passe un cadeau. Et, en plus, il marque les deux premiers buts dans le match de l’année.

Cardetti (6,5). Pour l’événement, le petit avant-centre argentin s’est beaucoup impliqué dans les offensives parisiennes. A la 60e, il manque une première balle de 3-0 face à Runje. Il se rattrape en inscrivant, de la tête, le but du KO à la 81e.


Le stade :

Le Parc des Princes

Le Parc des Princes


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Fan du club depuis toujours, présent au Parc et en déplacement de 1988 à 2010. PSG ´till I die!

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